Mulhouse et sa Région

Après une nuit au Collège et Lycée Épiscopal de Zillisheim où j’ai fait mes classes, je rencontre Line Schurrer, maraîchère sur sol vivant. Je file ensuite à Mulhouse par les pistes cyclables : Rebberg, place de la Réunion, Flèche du Temple protestant et quartier DMC rythment ma visite !
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Programme complet

La rencontre

Rencontre avec Line Schurrer, maraîchère à Flaxlanden, qui cultive ses légumes bio à partir de techniques expérimentales.

L'étape

🚲 45.1 km ↗️ 190 m

Une nuit au Collège de Zillisheim
Hier soir, j’ai eu la chance de dormir au Collège et Lycée Épiscopal de Zillisheim où j’ai fait mes classes de la 6ème à la terminale. Tout me replonge dans mes plus jeunes années, et me donne un sacré coup de vieux !
Cet établissement est une institution dans la région : il a été fondé il y a plus de 150 ans, pour former les prêtres et évêques avant de devenir un Collège et Lycée qui accueille aujourd’hui plus de 1000 élèves. Le monument est impressionnant, au centre est bâtie une Chapelle somptueuse.
M. Beltzung, homme passionné, mon ancien proviseur, me fait la visite : il connaît chaque recoin et chaque anecdote. Il y a même consacré un livre.
Je reprends la route, ému et nostalgique de ces années lycées, où je rentrais à vélo, le soir, pour rejoindre le village de mon enfance : Flaxlanden. Et c’est exactement ce même chemin que j’emprunte aujourd’hui avec mon vélo solaire pour mon rendez-vous du jour.

La Rencontre
Line Schurrer a pris un gros virage en 2017 pour revenir à l’essentiel : un toit pour se loger, elle et son fils, et de quoi se nourrir. Elle se dit maraîchère sur sol vivant : « la nature fait très bien les choses, mon objectif c’est d’intervenir le moins possible, je nourris les vers qui font le travail à ma place ». Sous sa serre, la couleur profonde de ses légumes témoigne de leur richesse en nutriments. Ils sont gorgés du soleil d’Alsace, et cultivés avec tout le soin et l’amour que Line met dans son activité.
C’est une femme passionnée, et courageuse. Car même si « les vers travaillent pour elle », elle s’investit corps et âme dans ses jardins. Quand les températures baissent, il faut protéger les légumes, les couvrir d’un voile blanc. En hiver, il faut faire tomber la neige de la serre. En été, il faut arroser et lutter contre les nuisibles et les mauvaises herbes. Line mélange les légumes quand elle les plante ; les radis grandissent aux côtés des patates, ses racines acides permettent de lutter contre la germination « mauvaises herbes ». Son objectif est de produire des légumes de qualité, plus bio que le bio qui est sur les « labels » et d’avoir un minimum d’impact possible sur la Planète.
Line est une leçon de vie. Elle expérimente. Si ca fonctionne, elle perfectionne. Si elle échoue, elle recommence. Légume après légume, Line fait son chemin. Son sourire est contagieux, et dans cette salade qu’elle me lance alors que je remonte sur le vélo, il y a forcément un peu de son énergie.

Mulhouse et sa région
Comblé par ce temps d’échange, je me promets de revenir la voir lorsque j’irai rendre visite à mes parents, l’occasion de lui donner un coup de main pour prendre soin de ses légumes. En rejoignant Mulhouse par les pistes cyclables, j’essuie une averse qui se transforme en avalanche de grêlons ! Le déluge est de courte durée et je retrouve le soleil pour grimper au Rebberg : cette colline qui surplombe Mulhouse est en fait une véritable forêt au cœur de la ville ! Il me suffit d’ailleurs de rouler 2km pour me retrouver en plein centre, Place de la Réunion. Mulhouse a une histoire particulière : à l’issu de la guerre de 30 ans, l’Alsace devient française, mais Mulhouse elle, devient une République indépendante alliée aux cantons Suisses. L’impression sur étoffe étant prohibée en France, la ville en profite et développe son industrie textile. Et comme il faut des machines, il faudra donc une fonderie, puis des couleurs et donc une industrie chimique, etc. En 1798, la ville aux Cents Cheminées devient française. La Place de la Réunion témoigne de ce rattachement : le Temple, lui, témoigne de l’appartenance Protestante de la ville. Jérémy, fils du Pasteur, me conduit dans un dédale d’escalier, d’échelles, de coursives jusqu’au sommet de la tour, à 100 mètres de hauteur. C’est l’aventure dans l’aventure, et perché là-haut, au-dessus des cloches maîtresses du temps, j’admire la vue sur la ville de ma jeunesse, comme jamais je n’aurai crû la voir.
Au loin, j’aperçois l’immense site de DMC et ses cheminées. C’est une ligne gigantesque, une ville dans la ville : avec bâtiment de briques rouges, le quartier se donne des allures de Liverpool. Aujourd’hui, DMC produit toujours du fil, mais les deux tiers du site sont inoccupés. Alors, Mulhouse réinvestit les lieux : aujourd’hui, Motoco accueille des artistes aux côtés du plus haut mur d’escalade en France.
En reprenant la route, je suis comblé par cette découverte : à mon époque, le site était fermé au public. La ville sait préserver ce passé industriel : le Musée de l’impression sur Étoffe, La Cité de l’Automobile ou le Musée du Chemin de Fer sont les mémoires de cette grande épopée industrielle.

Pour finir l’étape, je pousse jusqu’à Ungersheim et replonge dans une autre époque : l’Ecomusée d’Alsace me fait la visite de ce village reconstitué avec des fermes sauvées de la destruction : entre survol de cigognes, champs du paon, et coucher de soleil sur les maisons à colombage, je termine une étape de rêve en la vivant… comme un rêve !

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