La Vallée de la Bruche

Je démarre ma journée en partant à la rencontre de Mickael Rochel, 33 ans, éleveur de bovins en montagne. Il faut dire qu’il est situé à peine plus bas que mon point de départ, le Champ du Feu. Sa ferme familiale de Belmont est posée au milieu de paysages à couper le souffle entourée du massif vosgiens et ses courbes aux lignes ondulantes tapis de forêts aux 1001 nuances de vert. La Vallée de la Bruche mise gros sur une nouvelle forme de tourisme, moins impactante, plus respectueuse et partant à la rencontre des habitants de la Vallée. C’est une absolue réussite, au bord de la rivière Bruche, je profite de cette piste qui traverse les forêts et m’offre des ouvertures sur la vallée.
La Vallée de la Bruche

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Programme complet

La rencontre

Rencontre avec Mickael Rochel, 33 ans, éleveur de montagne à Belmont, qui élève des bovins de race vosgienne et aubrac dans le respect de l’animal.

L'étape

🚲 49.3 km ↗️ 260 m

Je démarre ma journée en partant à la rencontre de Mickael Rochel, 33 ans, éleveur de bovins en montagne. Il faut dire qu’il est situé à peine plus bas que mon point de départ, le Champ du Feu. Sa ferme familiale de Belmont, plus haut village du Bas-Rhin, est posée au milieu de paysages à couper le souffle, à 800 mètres d’altitude, entourée du massif vosgien et ses courbes aux lignes ondulantes tapis de forêts aux 1001 nuances de vert.

Mickael m’ouvre les portes de son étable : à l’intérieur, ses bêtes sont « au chaud », elles profitent de l’espace et du foin produit sur la ferme ou de la luzerne, complément alimentaire, qui vient de la vallée. L’éleveur aime ses bêtes, en passant, il prend le temps d’une caresse, va voir si tout va bien pour le veau qu’il a sorti samedi dans la nuit.
Lorsqu’il a décidé de reprendre la ferme familiale, pour s’en sortir, il a d’abord dû avoir une deuxième activité dans le paysagisme. Aujourd’hui, il arrive à se consacrer principalement à la ferme. L’été, ses bovins de race Aubrac et Vosgiennes se nourrissent dans les prés, au grand air.

Mickael mise sur de la bonne viande de qualité et le circuit court : cette viande est vendue dans un rayon maximal de 35 km, en direct à des particuliers, chez les bouchers bien sûr mais aussi dans un supermarché qui joue le jeu et vend au juste prix.

Je repars de l’exploitation heureux d’avoir rencontré Mickael. Lorsque je rencontre des agriculteurs ou des éleveurs, je suis toujours admiratif de cet investissement corps et âme dans ce métier de passion qui ne laisse que peu de temps pour soi. C’est aussi l’objectif de 100 km autour de Strasbourg, recréer le lien entre ce que nous consommons, et les femmes et les hommes qui sont derrières ces produits pour mieux les connaître et orienter sa consommation pour qu’elle encourage un système plus juste et plus respectueux.

L’étape

Je descends à travers la Vallée de la Bruche : toute cette nature est une bouffée d’oxygène. Déjà au Champ du Feu, seule station de ski du Bas-Rhin et point culminant du département avec ses 1099 m d’altitude, la forêt est omniprésente. Un éco-système fragile protégé par une zone Natura 2000 ayant pour objectif de concilier activité humaine et protection de la faune et de la flore.

Je suis accompagné par Simone de l’équipe de l’Office du Tourisme de la Vallée de la Bruche. Malgré la pluie battante, Simone est heureuse de participer au projet, « de prendre l’air » dans sa vallée. Rien ne l’arrête ! Elle m’entraîne à Waldersbach pour me présenter un personnage important pour elle et sa région : Jean-Frédéric Oberlin. En 1767, lorsque le Pasteur pose ses valises dans ce village en arrivant de Strasbourg, son humanisme le pousse à vouloir développer une société plus juste, qui donne sa chance à chacun. Parmi les nombreux domaines dans lesquels il s’investit pour améliorer la vie des habitants de la vallée, JF Oberlin mise sur l’éducation. Il est à l’origine de ce qui deviendra plus tard l’école maternelle, avec comme fondement, l’expérimentation au cœur de l’apprentissage.

Je reprends le vélo pour rejoindre la véloroute de la Bruche : j’ai hâte d’y rouler, il faut dire que l’approche de la Vallée de la Bruche est exceptionnelle. En 2013, l’Office est pionnier en proposant une offre de balades en vélos électriques. Aujourd’hui, l’objectif est de proposer une destination sans voiture. On peut prendre le train de Strasbourg, ville connectée en liaison ferroviaire à toute la France, pour arriver dans la Bruche et emprunter cette piste cyclable de 37 km, dans un sens ou dans l’autre.

La Vallée de la Bruche mise gros sur une nouvelle forme de tourisme, moins impactante, plus respectueuse et partant à la rencontre des habitants de la Vallée. C’est une absolue réussite, au bord de la rivière Bruche, je profite de cette piste qui traverse les forêts et m’offre des ouvertures sur la vallée.

Simone me conduit dans un lieu important de la région : le mémorial Alsace-Moselle a été fondé pour raconter l’histoire de ce peuple qui a été balloté entre l’Allemagne et la France, et rendre hommage aux victimes des heures les plus sombres de l’histoire. Nous sommes rejoins par Anne-Catherine, directrice de l’Office. Elle me conduit à l’intérieur, et on peut dire que je prends une « vraie claque » : ce n’est pas un musée, c’est une reconstitution des scènes les plus fortes de l’histoire. Je ne connais nul autre lieu permettant de s’immerger dans cette période et de comprendre ce qu’a vécu le peuple Alsacien. Je me promets d’y revenir pour prendre le temps de parcourir ce lieu unique.

En filant vers mon point de chute du soir, on peut dire que cette étape a été riches en termes de paysages, d’émotions et d’Histoire. Cette Vallée de la Bruche est une formidable découverte, un voyage à travers la nature, les Vosges et l’histoire de ma région, celle qui a permis de ne pas oublier et qui rappelle la chance que nous avons de vivre, depuis plusieurs décennies, dans la paix entre pays de l’Union Européenne.

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